Encore un concept de narratologie ! Encore Gérard Genette ! Vous l’aurez compris, la narratologie me passionne. J’espère que cela vous passionnera à votre tour !
Nous nous intéresserons dans cet article à la métalepse telle que Gérard Genette la définit dans son ouvrage Figures III*. Nous avons déjà vu ce qu’était la diégèse (https://moncarnetlitteraire.wordpress.com/2022/02/14/le-mot-du-lundi-diegese-n-f/). Il s’agit ici de passer d’un niveau narratif à un autre, soit de franchir la frontière : ainsi pour reprendre l’exemple de Genette, une métalepse narrative renvoie à
« toute intrusion du narrateur ou du narrataire extradiégétique dans un univers diégétique (ou de personnages diégétiques dans un univers métadiégétique, etc.), ou inversement »*.
Plus simplement, on peut aussi parler de l’interruption d’un récit qui met ainsi en scène le narrateur ou le lecteur. On pense alors à Maître Puce d’Hoffmann, dont mon analyse du 3 mars dernier livre moult exemples. https://moncarnetlitteraire.wordpress.com/2022/03/03/e-t-a-hoffmann-maitre-puce-1822/
Les fonctions de la métalepse peuvent être aussi bien ludiques que sérieuses.
*GENETTE, Gérard, Figures III, Seuil, « Poétique », 1972, p.243-246.
Pour aller plus loin :
LAVOCAT, Françoise, « Et Genette inventa la métalepse », PUF, Nouvelle revue d’esthétique, 2020/2, n°26.
PIER, John & SCHAEFFER, Jean-Marie, Métalepses. Entorses au pacte de la représentation, Éditions de l’EHESS, 2005.
WAGNER, Frank, « Métalepse / Metalepsis », Glossaire du RéNaF, mis en ligne le 10 juillet 2020, URL : https://wp.unil.ch/narratologie/2020/07/metalepse-metalepsis/
