Archives quotidiennes : 23 Mai 2022

Henry JAMES, Le Tour d’écrou (1898)

Je viens de finir le Tour d’écrou d’Heny James, ce fut une lecture prenante, captivante !

L’histoire, qui est d’abord racontée au sein d’un cercle d’amis un soir de Noël – il y a donc mise en abyme -, se déroule dans un vieux château anglais isolé, Bly.

Une jeune institutrice est chargée de s’occuper de Flora, une charmante petite fille orpheline, bientôt rejointe par son frère Miles, non moins charmant, pourtant mystérieusement renvoyé de son collège.

Le récit est à la première personne, on entre ainsi dans les pensées de la narratrice, et, pour ma part, j’ai pris automatiquement parti pour elle.

Car si initialement tout se passe à merveille, les enfants se révèlent moins lisses et polis qu’ils y paraissent…

L’apparition de deux spectres aux yeux de la narratrice constitue l’élément perturbateur : l’institutrice fera le rapprochement, grâce aux propos de la gouvernante, Mrs. Grose, avec deux anciens domestiques, Peter Quint et Miss Jessel.

Dès lors, l’attitude des enfants s’avère ambiguë. Et la situation se dégrade…

Y a-t-il réellement des fantômes ? Qui les voit ? Que sait la gouvernante ? L’institutrice est-elle folle ? Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour le savoir !

Bonne lecture !

Pour une analyse approfondie, notamment autour de la relation scopique :

LE RUN Jean-Louis, « Anges ou démons : jeux de regards dans Le tour d’écrou d’Henry James », Enfances & Psy, 2008/4 (n° 41), p. 106-122. DOI : 10.3917/ep.041.0106. URL : https://www.cairn.info/revue-enfances-et-psy-2008-4-page-106.htm

Derail-Imbert Agnès. Le Tour d’écrou ou l’illusion tragique. In: Revue Française d’Etudes Américaines, N°82, octobre 1999. La Tragédie : variations américaines. pp. 58-70.

DOI : https://doi.org/10.3406/rfea.1999.1786

www.persee.fr/doc/rfea_0397-7870_1999_num_82_1_1786

Edition : Henry JAMES, Le Tour d’écrou, OKNO éditions, 2020.

Le mot du lundi : acroamatique, adj.

Bonjour !

L’adjectif acroamatique vient du grec ancien (« entendre »). Il signifie « qui est reçu par l’oreille ».

Le Littré précise que l’enseignement acroamatique correspond à l’enseignement oral – il renvoie à l’enseignement d’Aristote – par opposition à l’enseignement par les livres.

Ainsi le maître, qui communiquait de vive voix à ses élèves initiés, leur délivrait un enseignement profond, qui ne figurait pas dans les livres et leur était exclusivement destiné (pas de vulgarisation).

Trois points pour aller plus loin :

  • au sujet d’Aristote, j’ai lu qu’il traitait de questions métaphysiques adressées le matin à ses seuls initiés, et le soir, il abordait des thèmes concrets accessibles à un public plus large ;
  • j’ai aussi lu que l’acroamatique ne nécessite pas forcément que ce qui est donné pour exister soit prouvé par les sens ;
  • enfin il est essentiellement question du travail cognitif dans les disciplines de la raison pure (si vous souhaitez poursuivre…).

Bonne journée !