Lise, trente-quatre ans, s’apprête à partir en voyage. Elle parcourt les boutiques pour trouver une nouvelle robe. Voilà pour la scène inaugurale.
Au beau milieu d’une séance d’essayage, la vendeuse souligne la qualité intachable du tissu. Il n’en faut pas plus pour que Lise, crispée, comme offensée (pourquoi tacherait-elle sa robe ? A-t-elle l’air d’une personne qui tache ses vêtements ?) se débarrasse de la robe et quitte la boutique.
De cette première rencontre avec Lise, le lecteur en ressort d’emblée étonné et par-dessus tout intrigué. Quelle personnalité cet incipit met-il en lumière, sinon celle d’une femme aussi hystérique qu’excentrique ? Singulière, Lise suit une ligne qui paraît toute tracée.
Lise finit par trouver sa tenue, qui frise le ridicule tant elle est bariolée : une robe aux motifs improbables sous une veste à l’imprimé criant. Lise, ainsi parée, est prête à partir en voyage, qu’importent les moqueries de la rue.
Le but de son escapade ? Rencontrer un homme « de son genre », ce qui semble mal parti (sans vouloir divulgâcher l’histoire… qui de toute manière ne peut être divulgâchée). Le lecteur suit Lise au fil de ses rencontres, toutes plus hautes en couleur les unes que les autres. L’impression qui domine par ailleurs : tout semble joué depuis le commencement.
A la lecture de ce court roman, un adjectif n’a cessé de traverser mon esprit : « barré ». Cette femme est barrée. Cette histoire est barrée. Je me suis également interrogée : ne peut-on pas y voir une vague corrélation avec le théâtre de l’absurde ? ; je pense notamment à la Cantatrice chauve (1950) de Ionesco, tant les échanges dans ce roman me paraissent hors du temps, hors de toute raison. Inconcevables. Alors que les propos des personnages se heurtent les uns aux autres, se dessine une impossibilité d’entrer véritablement en contact. Aussi l’absurde se crée précisément à travers la déconstruction du dialogue.

Bonjour. Je suis sur tiktok une jeune femme barrée. Elle est une assistée socialement qui en veut a tout le monde yc les personnes qui la suivent. Ses vidéos sont élaborées et elle est cultivée mais un dialogue parait impossible (je n’ai pas essayé) tant elle pense que les hommes sont en general colonialistes et violents. Elle met mal a l’aise.
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