Archives mensuelles : juin 2024

H.P. LOVECRAFT, La peur qui rôde (1922)

Présentation de l’éditeur

(Nouvelles extraites du recueil Je suis d’ailleurs)

Une maison hantée, un orage qui déchire la nuit, des villageois terrifiés par des légendes à vous glacer le sang, des ombres mystérieuses et des secrets pas assez bien gardés… Voici un bref aperçu de l’univers étrange et fantastique dans lequel vous plongeront ces nouvelles.
Amateurs de frissons, découvrez vite ces quelques textes de l’un des maîtres de l’épouvante !

Nouvelles extraites du recueil Je suis d’ailleurs

(image du site folio-lesite.fr)

Ce que j’en pense…

La Peur qui rôde est le premier récit que je lis de Lovecraft et je ne compte pas m’arrêter là. J’ai hâte de commencer la Maison maudite !

Il s’agit, en somme, de la traque d’un être (mais est-ce bien un être) qui répand la mort et la panique autour de lui, traque qui commence par une nuit d’orage dans une région de montagne.

L’atmosphère est saisissante, les descriptions précises, l’angoisse croissante et les personnages, notamment le personnage principal et narrateur, bien aventureux. Légendes, secrets, tourments, tortures et barbaries, voici ce que m’évoque, en vrac, pour une première lecture, la Peur qui rôde.

Monstre ou animal ?

Je serais tentée de me servir dans le bestiaire mythologique… Mais Lovecraft va plus loin que la gorgone aux cheveux de serpents ou le monstrueux serpent Typhon, pour ne citer qu’eux.

La peur qui rôde rassemble, à mes yeux, un amas de craintes enfantines, d’horreurs d’adultes vécues ou redoutées, de tortures indescriptibles, de douleurs physiques, de souffrances mentales, psychologiques, des atrocités venues de nulle part et venues de partout, tout droit sorties d’un inconscient qui semble fou mais qui n’est, à mon humble avis, qu’humain et plus qu’humain !

L’horreur n’a pas de visage, elle revêt DES visages.

C’est un miroir de l’âme humaine.

Je me remémore cette nouvelle, et un insidieux sentiment, une impression désagréable, presque physique, s’empare alors de moi.

Je n’ai plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture 😉

Lectures

Lu, hier, un article passionnant de Gérard Langlade, « L’activité fictionnalisante du lecteur ».

En somme, toute œuvre littéraire est inachevée, et c’est le lecteur, subjectivement, qui vient compléter les « failles fictionnelles ». En effet il est impossible de « tout » dire dans un texte, et ce ne sont pas seulement les foules de détails qui font défaut ! Il suffit par exemple de considérer les personnages, dont on ne peut tout savoir (mais que le lecteur peut imaginer : par exemple poids, taille, profession des parents, que sais-je encore). En complétant le texte à sa guise, ou inconsciemment, le lecteur le nourrit et l’enrichit nécessairement.

Ainsi, si le lecteur ajoute des éléments à partir de son propre univers de référence, il supprime des éléments et réorganise également le texte. On parle alors de »défictionnalisation » et de « refictionnalisation » de l’œuvre.

Certes, ainsi rapidement résumé (paraphrasé ?), cela paraît évident, mais il fallait le formuler !

Le reste de l’article est consacré aux enjeux de l’activité fictionnalisante : il s’agit du plaisir (fantasme), du jugement moral et de la cohérence. Le lecteur réécrit le texte en le fantasmant et en intervenant dans l’histoire. De cette manière il le codifie.

A relire : les théoriciens que l’on ne présente plus tels que Umberto Eco, M. Riffaterre, Pierre Bayard, Michel de Certeau, Thomas Pavel et j’en oublie certainement.

A lire absolument : Enseigner la lecture littéraire d’Annie Rouxel, 1996, Le sujet lecteur – lecture subjective et enseignement de la littérature de Gérard Langlade et Annie Rouxel (dir.) 2004.

Enfin, revoir la notion d’interlecture formulée par Jean Bellemin-Noël. Si vous trouvez l’ouvrage intitulé Plaisirs de vampires, PUF, 2001, à un prix abordable, je suis preneuse ! L’interlecture nous fait notamment découvrir une foule d’œuvres et/ou d’auteurs qui enrichissent notre univers littéraire en multipliant les références.

J’ai également commencé Eloge du mauvais lecteur de Maxime Decout, je vous en parlerai une fois ma lecture achevée !

Bonne journée