5 octobre 2024 – « Soyez impitoyable »

Je lis depuis deux ou trois jours un livre très inspirant :

Comment écrire de Pierre Assouline.

C’est étonnant, je vous parlais justement – et très humblement – du work in progress, du travail de la langue à la base de toute écriture tout en soulignant que « [p]lus on lit, moins l’écriture nous intimide ».

A la technique nécessaire s’ajoutent une sensibilité, un regard particuliers.

Outre les points théoriques, cet ouvrage regorge essentiellement de références littéraires : des pépites telles que Kafka, Gogol, Francis Ponge… et, comme son titre l’indique, dissémine moult conseils pour… écrire.

La lectrice que je suis n’y demeure pas indifférente. J’ai écrit l’année dernière une centaine de pages rassemblées sous le titre d’Un autre roman. Titre tout à fait inapproprié, s’il en est. J’aurais dû l’appeler Toxique. C’est donc sans surprise que j’ai choisi ce titre pour reprendre la mouture de mes feuillets.

Notons également sans surprise le peu de succès si ce n’est l’échec de mon entreprise. Je sais que je n’ai pas assez développé de nombreux chapitres et que les dialogues manquent d’authenticité. J’ai d’ailleurs reçu une unique réponse parmi les trois-quatre éditeurs à qui j’ai envoyé mon « ouvrage » : le comité de lecture n’a pas été enthousiasmé. En toute humilité, je pense que mon travail comporte des trésors (je répète, en toute humilité), notamment les exergues relevant d’une plume savante, très érudite, un rien pédante toutefois.

Une phrase de Faulkner m’a fascinée :

« Soyez impitoyable. »

En somme, « ne soyez jamais satisfait de ce que vous avez fait. »

L’impertinente petite personne que je suis devra en tirer une leçon, d’autant plus que j’ai déjà réuni des poèmes, qui m’étaient et me sont toujours chers, sous le titre Complaintes du grenier, recueil qui a été publié fin 2019. J’ai aussi travaillé dans l’édition et je sais combien il est difficile d’y faire sa place.

Un autre point m’a marquée dans Comment écrire : « Une fois publié, le livre échappe à son auteur ». Cela m’évoque ces propos d’Umberto Eco, qui a écrit, de mémoire, dans Apostille au Nom de la rose : « L’auteur devrait mourir après avoir écrit. Pour ne pas gêner le cheminement du texte ».

Des pistes à approfondir.

Je dois prendre en compte ces différents éléments pour mon écriture. Peut-être serez-vous au rendez-vous lorsque je publierai Toxique. 😉

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