Archives quotidiennes : 18 octobre 2024

En toute humilité

Voici un texte écrit lors de l’atelier d’écriture de lundi dernier. Je vous le confie.

Après avoir pioché 3 petits papiers pliés, il s’agissait de suivre des contraintes, soit en ce qui me concerne :

  • parler d’un personnage célèbre : Henri IV
  • introduire un objet : un lampadaire
  • Lors d’une situation : un dîner en famille

Voici mon texte.

Henri IV se balade dans Paris en dilibus – mot-valise construit à partir de diligence et autobus. Il adresse quelques signes de main magnanimes à ses contemporains. Ses sujets se pressent derrière le dilibus, les uns à la quête de terrains cultivables, les autres mendiant des subventions et autres improbables avantages.

Ce soir, dîner en famille ! On ferme les portes, seuls les hauts de la royauté sont conviés. La famille d’Henri se rend au château de Versailles. Vous avez bien lu. Henri l’a piqué à Louis XIV qui n’était même pas né, mais qu’importe.

Au menu, foie gras, faisan et macarons. Racine et Corneille, proches d’Henri, sont de la partie. Point d’anachronisme là non plus. Je vous vois dégainer votre Petit Robert des noms propres.

En gros, les vestiaires sont déposés dans la galerie des glaces nettoyées au Sif pour l’occasion. Tout le monde mange, se goinfre, papillonne. Les gros bonnets laissent présager le Bercy de 2024.

Tous s’enjaillent, on échange des cartes de visite, certaines brodées d’or, d’autres imprimées en ligne sur Vistaprint. Cela vous paraît bien moderne ?

Il faut savoir qu’Henri IV a connu toutes les époques depuis 1553. Comment cela se fait-il ?

Henri IV n’est jamais mort. Il n’a pas connu Ravaillac. En revanche, il a fréquenté moult personnalités de toutes les époques : rois, empereurs, dramaturges, peintres, compositeurs… Il a compilé des heures de conversation aussi bien creuses qu’érudites. Toute ses connaissances débordent du disque dur de son ordinateur. Il compte les faire fructifier afin d’acheter des footballeurs.

Henri IV n’est pas tout à fait né comme tout être ordinaire non plus. Nul utérus, il est venu au monde sur un lampadaire. Les lampadaires foisonnent à Paris. Lui est tombé rue Clovis, pas si loin du parc du Luxembourg, dans le quartier de la Sorbonne. Le lampadaire donnait sur un lycée. Un nom qui claque comme la Sorbonne ayant déjà été pris par Robert de Sorbon, il a effectué les démarches administratives pour nommer le lycée de son nom : Henri IV.

En réalité, c’est le lycée qui a fait connaître Henri IV et non le contraire car ce dernier, pris par d’obscures guerres de religion et d’histoires de mariage pour tous, avait d’autres chats à fouetter.

« Il y a quelque chose de… »

Je ne cesse de répéter le célèbre extrait d’Hamlet : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » et si ce n’est l’impression depuis quelques jours d’être entourée de pointillés, un peu comme en peinture, et cet espace dont je ne peux m’extraire m’étouffe, j’ai fini ma lecture des Merveilles de Viola ARDONE (je vous en ferai une chronique sous peu) et j’ai beaucoup aimé. Je ne vous cache pas que j’ai surtout aimé la première partie. Mais je ne vous en dis pas plus.

Je poursuis mes lectures théoriques, à petite dose, je l’avoue. Elles ne se lisent pas (ou ne se laissent pas lire) comme un roman, cependant je pourrais le considérer ainsi, picorer et conserver ce qui m’intéresse le plus plutôt que vouloir tout ordonner précisément dans mon esprit, comme un fichier word ou pdf classé dans un sous-dossier. C’est vrai que lorsque j’ai repris mes études il y a plusieurs années, j’ai été admise directement en L3 de lettres modernes, et je regrette un peu de ne pas avoir davantage étudié la (les !) théorie littéraire. En cours comme par moi-même. Il n’est toutefois jamais trop tard.

Ma prochaine lecture ? J’hésite entre Célèbre de Maude Ventura, Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski (je l’ai déjà commencé, mais de cette première expérience je n’ai pu que trouver cette œuvre très absconse), Le Baron hanté de Sheridan Le Fanu et Les Œuvres intérieures de Charlotte Augusta. De toute manière, je les lirai tous. Ce n’est qu’une question d’ordre.

J’entends beaucoup parler de la pièce de théâtre Art (1994) de Yasmina Reza. Elle fera bientôt partie de ma PAL. Très rapidement, il s’agit d’un homme qui achète un tableau (quasiment) complètement blanc. S’ensuit une réflexion sur le marché de l’art contemporain, l’amitié, les rapports de classe…

En parlant d’art, le cours sur l’égyptologie de l’École du Louvre que j’ai suivi mardi dernier et mardi avant-dernier m’a passionnée. La professeure était captivante. Les statues notamment m’ont impressionnée par leurs détails si finement travaillés et j’ai hâte de découvrir les salles dédiées, dans l’aile Sully du Louvre.

1h34. Je regagne l’espace pictural en pointillés dont j’ai pu m’échapper un moment.