Archives mensuelles : novembre 2024

Le mot du lundi : adynaton, n.m.

Le terme adynaton vient du grec ἀδύνατον qui renvoie à l’impossibilité, à l’impuissance.

Cette figure consiste à énoncer des choses impossibles, incompatibles, inconcevables et ce, souvent sous la forme d’accumulations.

Si l’adynaton renvoie à l’idée d’exagération, elle s’oppose néanmoins à l’hyperbole* qui, elle, ne heurte pas la vraisemblance (voir à ce sujet l’article « Les procédés littéraires, fiche 40 », sur Cairn, disponible sur : https://shs.cairn.info/les-procedes-litteraires–9782200619947-page-132?lang=fr).

Voici un très bref exemple, extrait du poème « La fourmi » de Robert Desnos : « Une fourmi de dix-huit mètres… »

La suite d’adynatons corrélés se nomme adynata (n.f.).

* L’hyperbole, qui n’est pas une figure si facile que cela à étudier, fera l’objet d’un nouvel article.

Petit récapitulatif des locutions latines – à l’usage des étudiants

Si vous rédigez un article, un mémoire, voire une thèse (mais vous êtes déjà rodés), voici plusieurs locutions latines incontournables que vous insèrerez en notes de bas de page (je me permets d’employer le signe « = » emprunté aux mathématiques dans un souci de clarté) :

  • e. g. abréviation de exempli gratia = par exemple
  • ie. abréviation de id est = c’est-à-dire
  • id. abréviation de idem = également, de même
  • loc. cit. abréviation de loco citato = à l’endroit cité
  • AA. VV. abréviation de auctores varri = auteurs divers
  • et. al. abréviation de et alii = et les autres (auteurs)
  • cf. abréviation de confer = se référer à
  • op. cit. abréviation de opere citato/opus citato = dans la source citée
  • sic = ainsi mentionné textuellement dans le texte source
  • infra = il s’agit de renvoyer à un passage, etc., plus bas dans un texte
  • supra = il s’agit de renvoyer à un passage, etc., plus haut dans un texte

Un autre terme utile, non latin :

  • coll. pour « collaborateurs », on l’emploie lorsque les auteurs sont au moins au nombre de trois, sans les citer tous.

N’hésitez pas à m’indiquer éventuellement des locutions oubliées !

Le silence et le bruit bruissant bruyamment

Depuis plusieurs jours, je n’écris pas. Je ne lis pas non plus. Silence intellectuel. Si cela est temporaire, j’avoue manifester peu d’indulgence envers les débris ontologiques.

Les choses vont et viennent, et parfois s’en vont (les gens aussi).

Depuis peu (qui se compte en semaines sinon en mois) je m’intéresse VRAIMENT à la théorie. Littéraire s’entend. Je me documente depuis un certain temps sur la narratologie appliquée aux contes cruels de Maupassant, qui emploie via les discours dans ces récits la technique d’enchâssement. Peut-être pour ma part les bribes d’un commencement réflexif (on n’a pas plus hésitant comme formule).

Je me découvre, c’est très récent, une passion pour l’intertextualité. L’intertextualité demande une immense culture littéraire, à acquérir. Citation, allusion, plagiat sont des formes d’intertextualité. Les textes dialoguent entre eux, nul texte n’existe ni ne préexiste à un autre sans aucune antériorité. L’intertextualité, c’est donc cette relation, cette présence d’un texte (hypotexte) dans un autre texte (hypertexte). Il faut lire Palimpsestes ! Je manque d’ailleurs de précision. En effet Genette parle plus globalement de transtextualité, qu’il décline en cinq types, dont l’intertextualité. La typologie est tout sauf étanche, on navigue d’un type à l’autre. Passionnant.

Référence: Gérard GENETTE, Palimpsestes, Le Seuil, 1982.