Archives quotidiennes : 11 décembre 2024

Ce soir – mélancolie

Ce soir, ni mes romans, ni mes ouvrages sur l’art, ni mes dizaines de dictionnaires, manuels et grammaires ne sauront me consoler (qui se console en lisant le traité sur la ponctuation par Jacques Drillon ?). Kirsten Dunst dans Marie-Antoinette ou Isabelle Huppert dans Saint-Cyr (un DVD dont je vous parlerai au demeurant, surtout si vous vous intéressez au XVIIe siècle), Chopin ou mes disques de chants grégoriens me tombent des mains.

Pourquoi ?

Nulle raison, sinon la mélancolie qui me surprend alors que j’ai passé une bonne journée, et puis le soir vient, je reçois un mail qui me blesse, et tout se remet en marche, les châteaux en ruine, des rapaces, des buissons obscurs, en somme le romanesque prend le pas sur le réel.

Et cela arrive incessamment.

Les souvenirs sont des roses innocentes, et les ronces pleines de mûres appellent les sens, on cueille les fruits tout en se vautrant parmi les aiguillons.

Je suis lasse de faire semblant de vivre, je ne quitte pas la diégèse, comme c’est confortable, je suis dans l’ouvrage même que j’écris dans ma tête, et je n’en sors pas. Prisonnière (encore une référence au gothique que vous aviez bien entendu reconnue). Ou pas, je ne sais pas encore.

Pourquoi toujours introduire de la poésie là où elle n’est pas nécessaire, pourquoi attendre des autres ce qu’ils ne sont pas capables de vous donner, pourquoi attendre une réponse alors que vraisemblablement, elle n’arrivera jamais.

Et pourtant, comme j’aime cet univers que j’ai créé de toutes pièces, il est fait des romans de Jane Austen, de Belle du Seigneur, et puis d’autres ouvrages, Ann Radcliffe, Maupassant, Racine, en vrac.

Je pensais sincèrement avoir laissé tant de choses derrière moi, mais elles me rattrapent, et c’est normal, et c’est comme ça, parce que je suis vivante. L’amour, l’amitié, tout cela, je les ai virés de ma vie parce que c’était plus commode.

Je vous prie de m’excuser, rares mais courageux lecteurs, d’avoir vomi tant de fiel et de tristesse, mais cela ne fait-il pas grandement partie de la littérature dont j’essaie de vous parler par ailleurs ? Le courrier que j’attends ne viendra pas, et l’ouvrage biographique de Louis XIV par François Bluche est décidément trop épais.