Billet d’humeur : je ne suis pas intelligente (et c’est parce que j’ai peur)

Il était une fois… moi.

J’avais 14 ans, je détestais les sports collectifs, je m’écartais à chaque fois que le ballon s’approchait un peu trop près pour l’éviter… Je voulais surtout que personne ne me voie, je voulais disparaître sous terre. Et puis il y a eu cette fille. Elle m’a humiliée devant tout le monde. Pourtant, ce n’est pas elle qui avait 18 en français.

Je l’ai revue 15 ans plus tard, elle m’a demandé son chemin et je lui ai poliment répondu.

Je ne vous parlerai pas seulement de ma scolarité, tant mes angoisses ont indiscutablement leur place ici.

A l’école primaire, j’étais toujours la première en classe. Je fréquentais une petite école communale, j’y avais mes repères, mes copains et mes copines. J’étais à l’aise. J’étais chez moi.

Au collège, mes premières angoisses ont vu le jour. J’ai découvert un cadre déconcertant, des élèves grossiers, la vulgarité, des mots dont j’ignorais jusque-là l’existence et que je ne prononce pas sans me laver la bouche avec du savon après.

Au lycée, certaines nouvelles matières m’ont posé problème comme les sciences économiques et sociales ou les sciences physiques. Ce n’est pas tant que je ne comprenais pas, c’est plutôt que j’étais pétrifiée. Pétrifiée de me tromper, de ne pas avoir la bonne réponse, de n’avoir qu’une réponse incomplète. Être appelée au tableau, effectuer des exercices en cours, recevoir la note d’un devoir… Je craignais qu’on se moque de moi, parce qu’au sein de mon minuscule panthéon intérieur, tout aurait été dévasté.

En seconde, dans ma classe, j’avais repéré d’éventuelles menaces (j’ignorais pourtant tout de l’analyse SWOT à l’époque – cela, c’est pour vous montrer combien je suis érudite), des élèves qui pourraient se moquer de moi, et donc, me briser.

Alors que pour les professeurs et les autres élèves, j’étais douée en cours, pour les autres, les « menaces », je passais pour une « neu-neu ». Comment vivre avec les autres quand on souffre à cause des autres ?

Des questions succèdent à ces questions.

Stupide ? Mal à l’aise ? Nulle en sport ? Timide ? Réservée ? Dans ma tête, mais n’était-ce que dans ma tête, j’étais idiote.

Et je continue à le penser. Je me suis sentie mieux à partir de la classe de première. J’avais retrouvé ma place.

Aujourd’hui j’ai toujours mal. J’ai moins mal mais j’ai toujours mal.

L’EMDR, un outil thérapeutique incroyable, m’a fait un bien fou.  

C’était quoi déjà le titre de mon billet d’humeur ?

Je m’arrête là pour ce soir, mes idées se multiplient vaguement comme des paramécies.  

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