Maud VENTURA, Célèbre (2024)

Je viens de finir, impossible de le lâcher avant d’en connaître la fin, le roman Célèbre … Féroce, dur, aux confins de la folie.

Ce qu’en dit l’éditeur :

« La célébrité est ma vie. Est-ce que j’étais préparée à un tel succès ? Bien sûr que oui.
Cléo grandit dans une famille dont elle déplore la banalité. Dès l’enfance, elle n’a qu’une obsession : devenir célèbre. Au fil des années, Cléo saute tous les obstacles qui s’imposent à elle, arrachant chaque victoire à pleines dents, s’entaillant la cuisse à chaque échec.
À la surprise de tous, sauf d’elle-même, Cléo devient une star mondiale, accumulant les millions de dollars, les villas à Los Angeles et les récompenses.
Bienvenue dans les coulisses de la célébrité, un monde où règnent l’artifice et l’impunité. Célèbre est le récit d’une ascension féroce, brutale et monstrueuse. Un portrait acide et brillant de notre époque. Addictif. »

Image de couverture sur le site Place des libraires

Ce que j’en pense

Époustouflant ! Une telle écriture, une telle inspiration, l’idée, le déploiement d’une histoire démesurément folle, le drame, le dénouement… j’ai adoré de A à Z.

Vous connaissez l’histoire, Cléo a toujours rêvé de célébrité, elle a accédé à son rêve, et, une fois son ambition assouvie (oui, assouvie, comme un fantasme), elle se trouve prisonnière d’elle-même, du personnage extraordinaire qu’elle a elle-même façonné.

La célébrité est ma vie.

Cléo fait penser à une poupée, un peu cassée, disloquée, décontenancée et pourtant narcissiquement fière d’elle. Une poupée cruelle, exécrable avec son entourage professionnel, qui perd le fil de la vie ordinaire, qui s’éloigne de ses proches (ou sont-ce ses proches qui s’éloignent d’elle ?). Une fois parvenue au sommet, comment y demeurer sans ne serait-ce qu’un instant craindre d’être remplacée, comparée, jetée aux oubliettes ?

Si les prémices de la célébrité satisfont Cléo, les fissures apparaissent peu à peu, avant d’occuper et de dévorer tout l’espace… jusqu’au sable fin d’une île paradisiaque.

Le rythme est rapide, les dialogues, serrés, arrivent au bon moment pour apporter plus de corps au récit à la première personne.

C’est un livre de 534 pages, et je suis impressionnée par l’audace stylistique de son autrice ainsi que par l’efficacité de son roman.

Rien ne se passe.

Mièvre ? Seules les guimauves dont se délecte John, personnage dont vous découvrirez le caractère au fil des pages, évoquent tout ce qui est mièvre, mou, difforme.

Ce roman est majestueusement acide.

Vous allez détester le déguster.

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