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A propos LauLittéraire

Difficile de commencer par vous dire qui je suis. Dire ce que j'aime, ce que je réalise, ou accumuler les qualificatifs ne suffirait pas à vous livrer l'étendue de ma personne. Mais point de narcissisme, même insolent. J'espère en toute simplicité vous donner envie de venir et de revenir. Avant tout, je vous souhaite la bienvenue ! On fera connaissance au fil des posts !

Petit récapitulatif des locutions latines – à l’usage des étudiants

Si vous rédigez un article, un mémoire, voire une thèse (mais vous êtes déjà rodés), voici plusieurs locutions latines incontournables que vous insèrerez en notes de bas de page (je me permets d’employer le signe « = » emprunté aux mathématiques dans un souci de clarté) :

  • e. g. abréviation de exempli gratia = par exemple
  • ie. abréviation de id est = c’est-à-dire
  • id. abréviation de idem = également, de même
  • loc. cit. abréviation de loco citato = à l’endroit cité
  • AA. VV. abréviation de auctores varri = auteurs divers
  • et. al. abréviation de et alii = et les autres (auteurs)
  • cf. abréviation de confer = se référer à
  • op. cit. abréviation de opere citato/opus citato = dans la source citée
  • sic = ainsi mentionné textuellement dans le texte source
  • infra = il s’agit de renvoyer à un passage, etc., plus bas dans un texte
  • supra = il s’agit de renvoyer à un passage, etc., plus haut dans un texte

Un autre terme utile, non latin :

  • coll. pour « collaborateurs », on l’emploie lorsque les auteurs sont au moins au nombre de trois, sans les citer tous.

N’hésitez pas à m’indiquer éventuellement des locutions oubliées !

Le silence et le bruit bruissant bruyamment

Depuis plusieurs jours, je n’écris pas. Je ne lis pas non plus. Silence intellectuel. Si cela est temporaire, j’avoue manifester peu d’indulgence envers les débris ontologiques.

Les choses vont et viennent, et parfois s’en vont (les gens aussi).

Depuis peu (qui se compte en semaines sinon en mois) je m’intéresse VRAIMENT à la théorie. Littéraire s’entend. Je me documente depuis un certain temps sur la narratologie appliquée aux contes cruels de Maupassant, qui emploie via les discours dans ces récits la technique d’enchâssement. Peut-être pour ma part les bribes d’un commencement réflexif (on n’a pas plus hésitant comme formule).

Je me découvre, c’est très récent, une passion pour l’intertextualité. L’intertextualité demande une immense culture littéraire, à acquérir. Citation, allusion, plagiat sont des formes d’intertextualité. Les textes dialoguent entre eux, nul texte n’existe ni ne préexiste à un autre sans aucune antériorité. L’intertextualité, c’est donc cette relation, cette présence d’un texte (hypotexte) dans un autre texte (hypertexte). Il faut lire Palimpsestes ! Je manque d’ailleurs de précision. En effet Genette parle plus globalement de transtextualité, qu’il décline en cinq types, dont l’intertextualité. La typologie est tout sauf étanche, on navigue d’un type à l’autre. Passionnant.

Référence: Gérard GENETTE, Palimpsestes, Le Seuil, 1982.

Le saviez-vous ? Sous l’égide de

J’ai découvert la signification de l’expression sous l’égide de lors d’une de mes lectures sur les monstres.

Approchons d’abord le terme égide, emprunté du latin aegis, aegidis, « bouclier de Zeus, d’Athéna ». Au sens figuré, il s’agit d’une « défense, d’une protection ». L’expression signifie alors « sous la protection de ». Dérivé du grec, αιξ, αιγοσ, le terme égide signifie « chèvre ».

J’ai relevé deux versions proches de la mythologie, voire qui se juxtaposent ou se complètent.

Zeus a été nourri du lait de la chèvre Amalthée. A la mort de cette chèvre, Zeus utilisa la peau de chèvre (égide) comme bouclier.

A vérifier : la tête de la Gorgone Méduse a été fixée sur le bouclier par Pallas.

Pallas était amie avec Athéna, avec qui elle se battit lors d’un entrainement. Athéna la tua involontairement. Lors de ce combat, pour protéger Athéna, Zeus était intervenu et avait interposé son égide, sur laquelle, vraisemblablement, était fixée la tête de la Gorgone Méduse, que Pallas regarda et qui la pétrifia. Elle tomba alors à terre.

Je n’ai pu corroborer, hélas, cette version qu’à partir de la dernière source sous-citée.

Pour aller plus loin :

Viola ARDONE, Les Merveilles (2024)

Ce qu’en dit l’éditeur :

Elba porte le nom d’un fleuve : c’est sa mère qui l’a choisi. Seuls les fleuves circulent librement, lui disait-elle, avant de disparaître mystérieusement. Depuis, Elba grandit seule dans cet endroit qu’elle nomme le monde-à-moitié : un asile psychiatrique, à Naples.

C’est là qu’elle pose son regard d’enfant, sur le quotidien de cette « maison des fêlés, avec dedans plein de gens qui ressemblent à des félins », nourrissant de ses observations son Journal des maladies du mental. Jusqu’au jour où le jeune docteur Fausto Meraviglia décide de libérer les patients, comme le prévoit une loi votée quelques années plus tôt en 1978, et de prendre Elba sous son aile. Lui qui n’a jamais été un bon père apprend le poids et la force de la paternité.

Après le succès du Train des enfants et du Choix, Viola Ardone poursuit son exploration de l’Italie du XXe siècle. Une ode aux mots qui rendent libre et au pouvoir des femmes, par l’une des grandes voix de la littérature italienne d’aujourd’hui.

Image des éditions Albin Michel

Ce que j’en pense

Ce que j’ai aimé :

  • le regard qu’Elba pose sur le milieu psychiatrique, le « monde à moitié » et la typologie des « fous » qu’elle élabore
  • la polyphonie selon les parties du roman confère un certain rythme au récit
  • la relation paternelle qui s’installe entre Elba et le Dr. Faustus Meraviglia
  • l’attente très touchante de sa mère, sa Mutti, à laquelle Elba s’accroche
  • Le ton du roman dans la première partie, la voix d’Elba, à la fois très émouvante et drôle

Ce que j’ai moins aimé :

  • la vie du Dr. Faustus, ses problèmes de famille, de couple. Peut-être trop « surfait » ? (un terme qu’il emploie et réemploie à l’envi)
  • à part la partie 1, les autres parties m’ont un peu ennuyée, je les ai trouvées trop longues, décalées par rapport à l’histoire d’Elba

Ma prochaine lecture ? Les Œuvres intérieures de Charlotte Augusta.

En toute humilité

Voici un texte écrit lors de l’atelier d’écriture de lundi dernier. Je vous le confie.

Après avoir pioché 3 petits papiers pliés, il s’agissait de suivre des contraintes, soit en ce qui me concerne :

  • parler d’un personnage célèbre : Henri IV
  • introduire un objet : un lampadaire
  • Lors d’une situation : un dîner en famille

Voici mon texte.

Henri IV se balade dans Paris en dilibus – mot-valise construit à partir de diligence et autobus. Il adresse quelques signes de main magnanimes à ses contemporains. Ses sujets se pressent derrière le dilibus, les uns à la quête de terrains cultivables, les autres mendiant des subventions et autres improbables avantages.

Ce soir, dîner en famille ! On ferme les portes, seuls les hauts de la royauté sont conviés. La famille d’Henri se rend au château de Versailles. Vous avez bien lu. Henri l’a piqué à Louis XIV qui n’était même pas né, mais qu’importe.

Au menu, foie gras, faisan et macarons. Racine et Corneille, proches d’Henri, sont de la partie. Point d’anachronisme là non plus. Je vous vois dégainer votre Petit Robert des noms propres.

En gros, les vestiaires sont déposés dans la galerie des glaces nettoyées au Sif pour l’occasion. Tout le monde mange, se goinfre, papillonne. Les gros bonnets laissent présager le Bercy de 2024.

Tous s’enjaillent, on échange des cartes de visite, certaines brodées d’or, d’autres imprimées en ligne sur Vistaprint. Cela vous paraît bien moderne ?

Il faut savoir qu’Henri IV a connu toutes les époques depuis 1553. Comment cela se fait-il ?

Henri IV n’est jamais mort. Il n’a pas connu Ravaillac. En revanche, il a fréquenté moult personnalités de toutes les époques : rois, empereurs, dramaturges, peintres, compositeurs… Il a compilé des heures de conversation aussi bien creuses qu’érudites. Toute ses connaissances débordent du disque dur de son ordinateur. Il compte les faire fructifier afin d’acheter des footballeurs.

Henri IV n’est pas tout à fait né comme tout être ordinaire non plus. Nul utérus, il est venu au monde sur un lampadaire. Les lampadaires foisonnent à Paris. Lui est tombé rue Clovis, pas si loin du parc du Luxembourg, dans le quartier de la Sorbonne. Le lampadaire donnait sur un lycée. Un nom qui claque comme la Sorbonne ayant déjà été pris par Robert de Sorbon, il a effectué les démarches administratives pour nommer le lycée de son nom : Henri IV.

En réalité, c’est le lycée qui a fait connaître Henri IV et non le contraire car ce dernier, pris par d’obscures guerres de religion et d’histoires de mariage pour tous, avait d’autres chats à fouetter.

« Il y a quelque chose de… »

Je ne cesse de répéter le célèbre extrait d’Hamlet : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » et si ce n’est l’impression depuis quelques jours d’être entourée de pointillés, un peu comme en peinture, et cet espace dont je ne peux m’extraire m’étouffe, j’ai fini ma lecture des Merveilles de Viola ARDONE (je vous en ferai une chronique sous peu) et j’ai beaucoup aimé. Je ne vous cache pas que j’ai surtout aimé la première partie. Mais je ne vous en dis pas plus.

Je poursuis mes lectures théoriques, à petite dose, je l’avoue. Elles ne se lisent pas (ou ne se laissent pas lire) comme un roman, cependant je pourrais le considérer ainsi, picorer et conserver ce qui m’intéresse le plus plutôt que vouloir tout ordonner précisément dans mon esprit, comme un fichier word ou pdf classé dans un sous-dossier. C’est vrai que lorsque j’ai repris mes études il y a plusieurs années, j’ai été admise directement en L3 de lettres modernes, et je regrette un peu de ne pas avoir davantage étudié la (les !) théorie littéraire. En cours comme par moi-même. Il n’est toutefois jamais trop tard.

Ma prochaine lecture ? J’hésite entre Célèbre de Maude Ventura, Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski (je l’ai déjà commencé, mais de cette première expérience je n’ai pu que trouver cette œuvre très absconse), Le Baron hanté de Sheridan Le Fanu et Les Œuvres intérieures de Charlotte Augusta. De toute manière, je les lirai tous. Ce n’est qu’une question d’ordre.

J’entends beaucoup parler de la pièce de théâtre Art (1994) de Yasmina Reza. Elle fera bientôt partie de ma PAL. Très rapidement, il s’agit d’un homme qui achète un tableau (quasiment) complètement blanc. S’ensuit une réflexion sur le marché de l’art contemporain, l’amitié, les rapports de classe…

En parlant d’art, le cours sur l’égyptologie de l’École du Louvre que j’ai suivi mardi dernier et mardi avant-dernier m’a passionnée. La professeure était captivante. Les statues notamment m’ont impressionnée par leurs détails si finement travaillés et j’ai hâte de découvrir les salles dédiées, dans l’aile Sully du Louvre.

1h34. Je regagne l’espace pictural en pointillés dont j’ai pu m’échapper un moment.

Le mot du lundi : Quérulence/quérulance, n.f.

Il s’agit essentiellement d’une tendance à chercher des querelles.

Le mot quérulence relève d’une pathologie psychiatrique : elle renvoie notamment à des sujets paranoïaques.

Le sujet quérulent peut se révéler dangereux dans la mesure où il se croit constamment victime en toute situation. Cette victimisation se traduit par :

  • du harcèlement,
  • de la violence,
  • un désir de vengeance.

Enfin, quérulence vient du latin querulus, « qui se plaint » (de queror, « se plaindre »).

Le mot du … : mansuétude, n.f.

Un mot tout simple pour reprendre le « mot du lundi », ce jeudi : mansuétude.

Ce terme littéraire nous vient du latin mansuetudo, –dinis, « douceur », bonté », « bienveillance », dérivé de mansuetus, qui signifie « apprivoisé, doux, calme ».

Il s’agit en somme d’une disposition d’esprit à pardonner généreusement (Le Petit Robert et Le Larousse). Le CNRTL ajoute les notions de douceur, de patience et de pardon. En effet, mansuétude recouvre plusieurs acceptions.

Mansuétude peut introduire une acception négative en renvoyant à l’idée de faiblesse, d’indulgence excessive.

Ses synonymes sont, entre autres, « bienveillance », « indulgence », « miséricorde ».

On l’emploie notamment dans une expression telle que « faire preuve de mansuétude ».

Pour aller plus loin, voici le lien vers l’article référent du CNRTL (une mine d’or !) :

https://www.cnrtl.fr/definition/mansu%C3%A9tude

Mardi 8 octobre 2024 – Inspirations

Quelques mots ce jour.

Je suis en train de lire Les Merveilles de Viola ARDONE, la première partie m’a beaucoup plu. Je poursuis ma lecture de Pierre ASSOULINE et j’ai commencé L’Intertextualité – Mémoire de la littérature de Typhaine SAMOYAULT dont je suis les travaux depuis l’université. Théorie oblige (tout du moins pour moi), je n’avance pas vite, mais jusqu’à présent, tout fait sens. Mes dendrites assurent le boulot, à partir du moment où je relis chaque phrase trois fois.

Je suis toujours et toujours Eve Antonov sur Youtube, elle m’est très captivante, je ne peux me passer de ses vidéos pointues imprégnées d’humour et d’ironie. Elle est doctorante – comme je le fus – et on sent l’ambition littéraire qui l’anime.

Pour rester sur ce media, je vous recommande les vlogs de Maurine, très attachante, récemment agrégée et très sensible, tout en douceur. Manonaise quant à elle est surtout pédagogue, elle dissèque ses copies de l’agrégation, s’interroge sur le programme de l’ENS de cette année, on ne peut que la suivre.

Voilà pour mes inspirations.

A ce propos, quand dit-on « voici » et « voilà » ?

« Voici » s’emploie lorsqu’il va être question de quelque chose, il annonce ce qui arrive, contrairement à « voilà » qui permet de revenir sur de précédents propos.

Bon. Je dois rechercher un sujet pertinent pour mon prochain article dans le cadre des e-novateurs, avancer Les merveilles et puis effectuer deux-trois trucs de la vie ordinaire. Je ne sais plus qui a dit cela, mais je reprends ses propos qui ont, entre nous, peu à voir avec ce conciliabule entre moi et moi : « L’écriture me sauve de moi-même ». Si vous trouvez la citation, erronée il me semble, n’hésitez pas !

5 octobre 2024 – « Soyez impitoyable »

Je lis depuis deux ou trois jours un livre très inspirant :

Comment écrire de Pierre Assouline.

C’est étonnant, je vous parlais justement – et très humblement – du work in progress, du travail de la langue à la base de toute écriture tout en soulignant que « [p]lus on lit, moins l’écriture nous intimide ».

A la technique nécessaire s’ajoutent une sensibilité, un regard particuliers.

Outre les points théoriques, cet ouvrage regorge essentiellement de références littéraires : des pépites telles que Kafka, Gogol, Francis Ponge… et, comme son titre l’indique, dissémine moult conseils pour… écrire.

La lectrice que je suis n’y demeure pas indifférente. J’ai écrit l’année dernière une centaine de pages rassemblées sous le titre d’Un autre roman. Titre tout à fait inapproprié, s’il en est. J’aurais dû l’appeler Toxique. C’est donc sans surprise que j’ai choisi ce titre pour reprendre la mouture de mes feuillets.

Notons également sans surprise le peu de succès si ce n’est l’échec de mon entreprise. Je sais que je n’ai pas assez développé de nombreux chapitres et que les dialogues manquent d’authenticité. J’ai d’ailleurs reçu une unique réponse parmi les trois-quatre éditeurs à qui j’ai envoyé mon « ouvrage » : le comité de lecture n’a pas été enthousiasmé. En toute humilité, je pense que mon travail comporte des trésors (je répète, en toute humilité), notamment les exergues relevant d’une plume savante, très érudite, un rien pédante toutefois.

Une phrase de Faulkner m’a fascinée :

« Soyez impitoyable. »

En somme, « ne soyez jamais satisfait de ce que vous avez fait. »

L’impertinente petite personne que je suis devra en tirer une leçon, d’autant plus que j’ai déjà réuni des poèmes, qui m’étaient et me sont toujours chers, sous le titre Complaintes du grenier, recueil qui a été publié fin 2019. J’ai aussi travaillé dans l’édition et je sais combien il est difficile d’y faire sa place.

Un autre point m’a marquée dans Comment écrire : « Une fois publié, le livre échappe à son auteur ». Cela m’évoque ces propos d’Umberto Eco, qui a écrit, de mémoire, dans Apostille au Nom de la rose : « L’auteur devrait mourir après avoir écrit. Pour ne pas gêner le cheminement du texte ».

Des pistes à approfondir.

Je dois prendre en compte ces différents éléments pour mon écriture. Peut-être serez-vous au rendez-vous lorsque je publierai Toxique. 😉