Archives pour la catégorie Billet d’humeur

Ce dont j’ai envie de parler…

Et des lectures plus tard…

Des résumés, des pistes, des coups de cœur, l’absence de coups de cœur, des analyses approfondies ou superficiellement superficielles, en somme, des lectures courtes ont succédé à de longues lectures, à mon grand plaisir, comme à mon grand ennui, car cela m’arrive parfois.

Et puis, un été en demi-teinte, des airs de vacances qui s’éloignent, le vrombissement des moteurs, et le bruissement du vent.

J’ai tant de choses à vous raconter.

Billet d’humeur : je ne suis pas intelligente (et c’est parce que j’ai peur)

Il était une fois… moi.

J’avais 14 ans, je détestais les sports collectifs, je m’écartais à chaque fois que le ballon s’approchait un peu trop près pour l’éviter… Je voulais surtout que personne ne me voie, je voulais disparaître sous terre. Et puis il y a eu cette fille. Elle m’a humiliée devant tout le monde. Pourtant, ce n’est pas elle qui avait 18 en français.

Je l’ai revue 15 ans plus tard, elle m’a demandé son chemin et je lui ai poliment répondu.

Je ne vous parlerai pas seulement de ma scolarité, tant mes angoisses ont indiscutablement leur place ici.

A l’école primaire, j’étais toujours la première en classe. Je fréquentais une petite école communale, j’y avais mes repères, mes copains et mes copines. J’étais à l’aise. J’étais chez moi.

Au collège, mes premières angoisses ont vu le jour. J’ai découvert un cadre déconcertant, des élèves grossiers, la vulgarité, des mots dont j’ignorais jusque-là l’existence et que je ne prononce pas sans me laver la bouche avec du savon après.

Au lycée, certaines nouvelles matières m’ont posé problème comme les sciences économiques et sociales ou les sciences physiques. Ce n’est pas tant que je ne comprenais pas, c’est plutôt que j’étais pétrifiée. Pétrifiée de me tromper, de ne pas avoir la bonne réponse, de n’avoir qu’une réponse incomplète. Être appelée au tableau, effectuer des exercices en cours, recevoir la note d’un devoir… Je craignais qu’on se moque de moi, parce qu’au sein de mon minuscule panthéon intérieur, tout aurait été dévasté.

En seconde, dans ma classe, j’avais repéré d’éventuelles menaces (j’ignorais pourtant tout de l’analyse SWOT à l’époque – cela, c’est pour vous montrer combien je suis érudite), des élèves qui pourraient se moquer de moi, et donc, me briser.

Alors que pour les professeurs et les autres élèves, j’étais douée en cours, pour les autres, les « menaces », je passais pour une « neu-neu ». Comment vivre avec les autres quand on souffre à cause des autres ?

Des questions succèdent à ces questions.

Stupide ? Mal à l’aise ? Nulle en sport ? Timide ? Réservée ? Dans ma tête, mais n’était-ce que dans ma tête, j’étais idiote.

Et je continue à le penser. Je me suis sentie mieux à partir de la classe de première. J’avais retrouvé ma place.

Aujourd’hui j’ai toujours mal. J’ai moins mal mais j’ai toujours mal.

L’EMDR, un outil thérapeutique incroyable, m’a fait un bien fou.  

C’était quoi déjà le titre de mon billet d’humeur ?

Je m’arrête là pour ce soir, mes idées se multiplient vaguement comme des paramécies.  

Ce soir – mélancolie

Ce soir, ni mes romans, ni mes ouvrages sur l’art, ni mes dizaines de dictionnaires, manuels et grammaires ne sauront me consoler (qui se console en lisant le traité sur la ponctuation par Jacques Drillon ?). Kirsten Dunst dans Marie-Antoinette ou Isabelle Huppert dans Saint-Cyr (un DVD dont je vous parlerai au demeurant, surtout si vous vous intéressez au XVIIe siècle), Chopin ou mes disques de chants grégoriens me tombent des mains.

Pourquoi ?

Nulle raison, sinon la mélancolie qui me surprend alors que j’ai passé une bonne journée, et puis le soir vient, je reçois un mail qui me blesse, et tout se remet en marche, les châteaux en ruine, des rapaces, des buissons obscurs, en somme le romanesque prend le pas sur le réel.

Et cela arrive incessamment.

Les souvenirs sont des roses innocentes, et les ronces pleines de mûres appellent les sens, on cueille les fruits tout en se vautrant parmi les aiguillons.

Je suis lasse de faire semblant de vivre, je ne quitte pas la diégèse, comme c’est confortable, je suis dans l’ouvrage même que j’écris dans ma tête, et je n’en sors pas. Prisonnière (encore une référence au gothique que vous aviez bien entendu reconnue). Ou pas, je ne sais pas encore.

Pourquoi toujours introduire de la poésie là où elle n’est pas nécessaire, pourquoi attendre des autres ce qu’ils ne sont pas capables de vous donner, pourquoi attendre une réponse alors que vraisemblablement, elle n’arrivera jamais.

Et pourtant, comme j’aime cet univers que j’ai créé de toutes pièces, il est fait des romans de Jane Austen, de Belle du Seigneur, et puis d’autres ouvrages, Ann Radcliffe, Maupassant, Racine, en vrac.

Je pensais sincèrement avoir laissé tant de choses derrière moi, mais elles me rattrapent, et c’est normal, et c’est comme ça, parce que je suis vivante. L’amour, l’amitié, tout cela, je les ai virés de ma vie parce que c’était plus commode.

Je vous prie de m’excuser, rares mais courageux lecteurs, d’avoir vomi tant de fiel et de tristesse, mais cela ne fait-il pas grandement partie de la littérature dont j’essaie de vous parler par ailleurs ? Le courrier que j’attends ne viendra pas, et l’ouvrage biographique de Louis XIV par François Bluche est décidément trop épais.

Un anti-billet d’humeur

Je lis très peu en ce moment. J’ai mis des jours et des jours à finir les Œuvres intérieures de Charlotte Augusta, et pourtant j’ai apprécié la grâce et la finesse dont ce roman est empreint. Ma lecture s’est tellement déployée dans le temps que je ne saurais pas précisément vous en parler.

C’est pourtant un très beau roman, dont je ferai peut-être une chronique sous peu.

En attendant, le saviez-vous, j’ai un penchant pour les albums jeunesse (que je n’avais pas avant de travailler au pôle jeunesse). Récemment, j’ai adoré L’Incroyable catalogue des monstres de Grégoire Kocjan et Mateo Dineen aux éditions Margot.

Voici quelques trouvailles dans ma bibliothèque :

Claude Ponti, Voyage au pays des monstres, Olivier Tallec et son écureuil, Pomelo dont les interrogations ne sont pas dénuées d’intérêt, Nous, on n’aime pas les enfants ! de Lucille Dubisy et Grégoire Mabire aux éditions Mijade et enfin Les monstres ne boivent pas de lait fraise de Marie-Hélène Versini et Vincent Boudgourd aux éditions Gallimard jeunesse.

Hier soir j’ai suivi mon cours d’histoire de l’art, c’était sur l’art gothique. Passionnant. Si vous avez la possibilité de vous inscrire à l’École du Louvre pour y suivre l’initiation à l’histoire de l’art en tant qu’auditeur libre, n’hésitez pas ! Chaque cours, dispensé par des professeurs différents, regorge de pépites et donne envie d’en découvrir encore davantage (le propre de l’enseignement me direz-vous).

Voulez-vous savoir ce que je vais bientôt lire, quels ouvrages attendent sur ma table de chevet (c’est-à-dire au pied de mon lit) ? Non mais sérieusement, vous croyez vraiment que je vais vous livrer toutes mes références d’un coup ?

Bon.

Ceci dit, j’ai un article à terminer d’écrire, un livre sur la veille à stabiloter et un Ubu Roi à ranger dans ma bibliothèque.

Le silence et le bruit bruissant bruyamment

Depuis plusieurs jours, je n’écris pas. Je ne lis pas non plus. Silence intellectuel. Si cela est temporaire, j’avoue manifester peu d’indulgence envers les débris ontologiques.

Les choses vont et viennent, et parfois s’en vont (les gens aussi).

Depuis peu (qui se compte en semaines sinon en mois) je m’intéresse VRAIMENT à la théorie. Littéraire s’entend. Je me documente depuis un certain temps sur la narratologie appliquée aux contes cruels de Maupassant, qui emploie via les discours dans ces récits la technique d’enchâssement. Peut-être pour ma part les bribes d’un commencement réflexif (on n’a pas plus hésitant comme formule).

Je me découvre, c’est très récent, une passion pour l’intertextualité. L’intertextualité demande une immense culture littéraire, à acquérir. Citation, allusion, plagiat sont des formes d’intertextualité. Les textes dialoguent entre eux, nul texte n’existe ni ne préexiste à un autre sans aucune antériorité. L’intertextualité, c’est donc cette relation, cette présence d’un texte (hypotexte) dans un autre texte (hypertexte). Il faut lire Palimpsestes ! Je manque d’ailleurs de précision. En effet Genette parle plus globalement de transtextualité, qu’il décline en cinq types, dont l’intertextualité. La typologie est tout sauf étanche, on navigue d’un type à l’autre. Passionnant.

Référence: Gérard GENETTE, Palimpsestes, Le Seuil, 1982.

En toute humilité

Voici un texte écrit lors de l’atelier d’écriture de lundi dernier. Je vous le confie.

Après avoir pioché 3 petits papiers pliés, il s’agissait de suivre des contraintes, soit en ce qui me concerne :

  • parler d’un personnage célèbre : Henri IV
  • introduire un objet : un lampadaire
  • Lors d’une situation : un dîner en famille

Voici mon texte.

Henri IV se balade dans Paris en dilibus – mot-valise construit à partir de diligence et autobus. Il adresse quelques signes de main magnanimes à ses contemporains. Ses sujets se pressent derrière le dilibus, les uns à la quête de terrains cultivables, les autres mendiant des subventions et autres improbables avantages.

Ce soir, dîner en famille ! On ferme les portes, seuls les hauts de la royauté sont conviés. La famille d’Henri se rend au château de Versailles. Vous avez bien lu. Henri l’a piqué à Louis XIV qui n’était même pas né, mais qu’importe.

Au menu, foie gras, faisan et macarons. Racine et Corneille, proches d’Henri, sont de la partie. Point d’anachronisme là non plus. Je vous vois dégainer votre Petit Robert des noms propres.

En gros, les vestiaires sont déposés dans la galerie des glaces nettoyées au Sif pour l’occasion. Tout le monde mange, se goinfre, papillonne. Les gros bonnets laissent présager le Bercy de 2024.

Tous s’enjaillent, on échange des cartes de visite, certaines brodées d’or, d’autres imprimées en ligne sur Vistaprint. Cela vous paraît bien moderne ?

Il faut savoir qu’Henri IV a connu toutes les époques depuis 1553. Comment cela se fait-il ?

Henri IV n’est jamais mort. Il n’a pas connu Ravaillac. En revanche, il a fréquenté moult personnalités de toutes les époques : rois, empereurs, dramaturges, peintres, compositeurs… Il a compilé des heures de conversation aussi bien creuses qu’érudites. Toute ses connaissances débordent du disque dur de son ordinateur. Il compte les faire fructifier afin d’acheter des footballeurs.

Henri IV n’est pas tout à fait né comme tout être ordinaire non plus. Nul utérus, il est venu au monde sur un lampadaire. Les lampadaires foisonnent à Paris. Lui est tombé rue Clovis, pas si loin du parc du Luxembourg, dans le quartier de la Sorbonne. Le lampadaire donnait sur un lycée. Un nom qui claque comme la Sorbonne ayant déjà été pris par Robert de Sorbon, il a effectué les démarches administratives pour nommer le lycée de son nom : Henri IV.

En réalité, c’est le lycée qui a fait connaître Henri IV et non le contraire car ce dernier, pris par d’obscures guerres de religion et d’histoires de mariage pour tous, avait d’autres chats à fouetter.

« Il y a quelque chose de… »

Je ne cesse de répéter le célèbre extrait d’Hamlet : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark » et si ce n’est l’impression depuis quelques jours d’être entourée de pointillés, un peu comme en peinture, et cet espace dont je ne peux m’extraire m’étouffe, j’ai fini ma lecture des Merveilles de Viola ARDONE (je vous en ferai une chronique sous peu) et j’ai beaucoup aimé. Je ne vous cache pas que j’ai surtout aimé la première partie. Mais je ne vous en dis pas plus.

Je poursuis mes lectures théoriques, à petite dose, je l’avoue. Elles ne se lisent pas (ou ne se laissent pas lire) comme un roman, cependant je pourrais le considérer ainsi, picorer et conserver ce qui m’intéresse le plus plutôt que vouloir tout ordonner précisément dans mon esprit, comme un fichier word ou pdf classé dans un sous-dossier. C’est vrai que lorsque j’ai repris mes études il y a plusieurs années, j’ai été admise directement en L3 de lettres modernes, et je regrette un peu de ne pas avoir davantage étudié la (les !) théorie littéraire. En cours comme par moi-même. Il n’est toutefois jamais trop tard.

Ma prochaine lecture ? J’hésite entre Célèbre de Maude Ventura, Les Carnets du sous-sol de Dostoïevski (je l’ai déjà commencé, mais de cette première expérience je n’ai pu que trouver cette œuvre très absconse), Le Baron hanté de Sheridan Le Fanu et Les Œuvres intérieures de Charlotte Augusta. De toute manière, je les lirai tous. Ce n’est qu’une question d’ordre.

J’entends beaucoup parler de la pièce de théâtre Art (1994) de Yasmina Reza. Elle fera bientôt partie de ma PAL. Très rapidement, il s’agit d’un homme qui achète un tableau (quasiment) complètement blanc. S’ensuit une réflexion sur le marché de l’art contemporain, l’amitié, les rapports de classe…

En parlant d’art, le cours sur l’égyptologie de l’École du Louvre que j’ai suivi mardi dernier et mardi avant-dernier m’a passionnée. La professeure était captivante. Les statues notamment m’ont impressionnée par leurs détails si finement travaillés et j’ai hâte de découvrir les salles dédiées, dans l’aile Sully du Louvre.

1h34. Je regagne l’espace pictural en pointillés dont j’ai pu m’échapper un moment.

Mardi 8 octobre 2024 – Inspirations

Quelques mots ce jour.

Je suis en train de lire Les Merveilles de Viola ARDONE, la première partie m’a beaucoup plu. Je poursuis ma lecture de Pierre ASSOULINE et j’ai commencé L’Intertextualité – Mémoire de la littérature de Typhaine SAMOYAULT dont je suis les travaux depuis l’université. Théorie oblige (tout du moins pour moi), je n’avance pas vite, mais jusqu’à présent, tout fait sens. Mes dendrites assurent le boulot, à partir du moment où je relis chaque phrase trois fois.

Je suis toujours et toujours Eve Antonov sur Youtube, elle m’est très captivante, je ne peux me passer de ses vidéos pointues imprégnées d’humour et d’ironie. Elle est doctorante – comme je le fus – et on sent l’ambition littéraire qui l’anime.

Pour rester sur ce media, je vous recommande les vlogs de Maurine, très attachante, récemment agrégée et très sensible, tout en douceur. Manonaise quant à elle est surtout pédagogue, elle dissèque ses copies de l’agrégation, s’interroge sur le programme de l’ENS de cette année, on ne peut que la suivre.

Voilà pour mes inspirations.

A ce propos, quand dit-on « voici » et « voilà » ?

« Voici » s’emploie lorsqu’il va être question de quelque chose, il annonce ce qui arrive, contrairement à « voilà » qui permet de revenir sur de précédents propos.

Bon. Je dois rechercher un sujet pertinent pour mon prochain article dans le cadre des e-novateurs, avancer Les merveilles et puis effectuer deux-trois trucs de la vie ordinaire. Je ne sais plus qui a dit cela, mais je reprends ses propos qui ont, entre nous, peu à voir avec ce conciliabule entre moi et moi : « L’écriture me sauve de moi-même ». Si vous trouvez la citation, erronée il me semble, n’hésitez pas !

5 octobre 2024 – « Soyez impitoyable »

Je lis depuis deux ou trois jours un livre très inspirant :

Comment écrire de Pierre Assouline.

C’est étonnant, je vous parlais justement – et très humblement – du work in progress, du travail de la langue à la base de toute écriture tout en soulignant que « [p]lus on lit, moins l’écriture nous intimide ».

A la technique nécessaire s’ajoutent une sensibilité, un regard particuliers.

Outre les points théoriques, cet ouvrage regorge essentiellement de références littéraires : des pépites telles que Kafka, Gogol, Francis Ponge… et, comme son titre l’indique, dissémine moult conseils pour… écrire.

La lectrice que je suis n’y demeure pas indifférente. J’ai écrit l’année dernière une centaine de pages rassemblées sous le titre d’Un autre roman. Titre tout à fait inapproprié, s’il en est. J’aurais dû l’appeler Toxique. C’est donc sans surprise que j’ai choisi ce titre pour reprendre la mouture de mes feuillets.

Notons également sans surprise le peu de succès si ce n’est l’échec de mon entreprise. Je sais que je n’ai pas assez développé de nombreux chapitres et que les dialogues manquent d’authenticité. J’ai d’ailleurs reçu une unique réponse parmi les trois-quatre éditeurs à qui j’ai envoyé mon « ouvrage » : le comité de lecture n’a pas été enthousiasmé. En toute humilité, je pense que mon travail comporte des trésors (je répète, en toute humilité), notamment les exergues relevant d’une plume savante, très érudite, un rien pédante toutefois.

Une phrase de Faulkner m’a fascinée :

« Soyez impitoyable. »

En somme, « ne soyez jamais satisfait de ce que vous avez fait. »

L’impertinente petite personne que je suis devra en tirer une leçon, d’autant plus que j’ai déjà réuni des poèmes, qui m’étaient et me sont toujours chers, sous le titre Complaintes du grenier, recueil qui a été publié fin 2019. J’ai aussi travaillé dans l’édition et je sais combien il est difficile d’y faire sa place.

Un autre point m’a marquée dans Comment écrire : « Une fois publié, le livre échappe à son auteur ». Cela m’évoque ces propos d’Umberto Eco, qui a écrit, de mémoire, dans Apostille au Nom de la rose : « L’auteur devrait mourir après avoir écrit. Pour ne pas gêner le cheminement du texte ».

Des pistes à approfondir.

Je dois prendre en compte ces différents éléments pour mon écriture. Peut-être serez-vous au rendez-vous lorsque je publierai Toxique. 😉

Lundi 30 septembre 2024 – De l’importance de la lecture

Quelques mots seulement…

Ce soir je me laisse quelque peu aller à ma propension à la mélancolie. Pourtant ma journée fut joliment remplie, notamment par l’atelier d’écriture auquel je participe depuis des années – de façon discontinue, en fonction des hasards, des virages, des cheminements du quotidien et de la vie dans son ensemble.

J’ai écrit un texte d’un très beau style parmi mes autres textes. J’ai essayé d’écrire différemment de d’ordinaire, et il semblerait que j’y sois parvenue. J’aime particulièrement employer le tutoiement, une manière discrète de me parler à moi-même, aussi bien que de parler de moi à qui m’écoute. Le tutoiement m’évoque toujours Un Homme qui dort – le roman de Perec que je préfère indiscutablement – et j’ai l’impression étrange de plagier Perec, et ce, éhontément. Je vous avais déjà parlé d’une impression similaire à la lecture d’un roman qui reprenait la double énonciation propre à Sarraute. Je sais que les mots appartiennent à chacun, et que nos écrits naissent beaucoup de ce que nous avons déjà lu, et que cela n’est pas du plagiat. Un petit point idoine : si vous voulez écrire, lisez. Lisez tout, et de tout, romans, pièces de théâtre, poésie, dictionnaires et manuels, et même (et surtout) des albums pour enfants comme ceux de Claude Ponti, Pomelo, les histoires de monstres qui se brossent les dents tout comme ceux qui détestent les enfants ! Lisez, quel délice que celui de lire, lisez tout ce que d’autres ont produit avant vous, lisez tout ce que d’autres ont lu avant vous !

Ne me remerciez pas pour ce panégyrique, cela m’a fait plaisir 😉