Où quelques mots suffisent pour créer des images (oui, le propre de la poésie)

« (…) La grâce dérobée des fleurs.

Parce qu’elles s’inclinent sous leur propre poids, certaines jusqu’à terre, on dirait qu’elles vous saluent, quand on voudrait les avoir soi-même, le premier, saluées.

Ainsi groupées on dirait une figure de ballet (…). »

Plus loin :

« (…) Elles s’ouvrent, elles se déploient, comme on voudrait que le fassent le temps, notre pensée, nos vies.

L’ornement, l’inutile, le dérobé

Saluez ces plantes, pleines de grâce

Parure, vivante, brièveté changée en parure, fragilité faite parure

Avec ceci de particulier, sinon de plus, qu’elles pèsent, qu’elles s’inclinent, comme trop lasses pour porter leur charge de couleur. Quelques gouttes de pluie et ce serait l’éparpillement, la défaite, la chute (…) ».

Et finalement :

« (…) Elles n’auront pas duré (…) ».

Cette citation est extraite du poème « Les Pivoines », lui-même extrait de l’ensemble « Après beaucoup d’années » (JACCOTTET, Philippe, Cahier de verdure suivi de Après beaucoup d’années, Gallimard, 1994).

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