Bram STOKER, La Dame au linceul (1909)

Ce qu’en dit l’éditeur

« Là, sur la terrasse, dans la clarté lunaire maintenant plus intense, se tenait une femme vêtue d’un linceul trempé qui ruisselait sur le marbre, faisant une flaque qui s’écoulait lentement sur les marches mouillées. Son attitude et sa mise, les circonstances de notre rencontre, me donnèrent aussitôt à penser, même si elle se mouvait et parlait, qu’elle était morte. Elle était jeune et belle, mais pâle, de la pâleur éteinte et grise des cadavres. »

« Extrait du journal de Rupert Sent Leger, cette scène — dans la pure tradition du genre — donne bien le ton de cet admirable roman gothique où s’entrelacent lettres, billets, fragments de journal intime et notes pour raconter les aventures étranges et inquiétantes d’un jeune homme sans le sou devenu du jour au lendemain châtelain dans les Balkans… »

(Image des éditions Actes Sud)

Ce que j’en pense

Un roman subtilement enchâssé que je n’aurais probablement pas découvert si je n’avais lu Dracula !

Testament, échanges épistolaires, journal du héros, Rupert, tissent la trame de ce roman incroyable, d’une beauté sombre et lumineuse (au passage, ceci n’est pas un oxymore), à l’image de la mystérieuse « Dame », personnage tout en nuances.

L’amour serait-il la pierre angulaire de tout roman ? Il l’est en tout cas dans la Dame au linceul, réceptacle de terreurs enfouies, est-ce un rêve, un fantasme, une machination, est-ce réel ? Le lecteur, tenu en haleine par ces apparitions incrédibles (adjectif validé par le Cnrtl), frissonne, écarquille les yeux, y croit, n’y croit pas, s’interroge, hésite (la fameuse hésitation théorisée par Todorov au sujet du fantastique), entre peur et fascination.

L’ajout de la lecture proposée par Alain Chareyre-Méjan est des plus pertinents, il apporte une lumière nouvelle parce que richement intertextuelle à ce roman de l’auteur de Dracula.

Peut-on épouser une morte-vivante ?

Se lit d’une traite.

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