Joseph SHERIDAN LE FANU, Carmilla (1872)

Roman perdu dans un train, à mon grand regret (je venais de le finir)…

Ce qu’en dit l’éditeur:

« Deux grands yeux s’approchèrent de mon visage et soudain, je ressentis une douleur fulgurante, comme si deux grandes aiguilles espacées de quelques pouces seulement s’enfonçaient profondément dans ma poitrine. Je me réveillai en hurlant. La chambre était éclairée par la chandelle qui était restée allumée toute la nuit, et je vis une silhouette féminine au pied de mon lit, un peu sur la droite. »

« L’action se passe dans un château de Styrie. L’héroïne, la jeune Laura, tombe sous le charme de la belle et mystérieuse Carmilla, dont l’arrivée énigmatique dans ce lieu isolé marque l’initiale d’une amitié tendre et exaltée.

De l’ouverture presque bucolique à la destruction du vampire que se révèle finalement être Carmilla, tout est là des ingrédients d’un roman gothique, classique du genre.

Mais ici, le vampire est une femme, et à la transgression vampirique s’ajoute celle de l’homosexualité féminine, dans un récit tout de séduction et de sensualité. »

Ce que j’en pense :

Encore une histoire de vampire !, me direz-vous. Mais celle-ci a une particularité : le vampire est en réalité une vampire.

Roman fondé sur une structure binaire : la candeur de l’héroïne, Laura, fait face à la beauté ensorceleuse de cette jeune fille arrivée de nulle part, Carmilla.

C’est l’histoire d’une relation qui débute, mi-amicale, mi-amoureuse, toute en sensualité.

On trouve d’emblée les indices du récit vampirique : une forme noire, mouvante, qui surgit en pleine nuit, une morsure, des faits demeurant inexpliqués, un château isolé, des médecins sceptiques…

Le lecteur sait, devine, comprend dès le commencement ce qui se passe. Une jolie jeune femme, une morsure la nuit qui laisse deux petits trous sur la peau, des chuchotements, des regards en biais… Comment, me direz-vous, l’héroïne peut-elle ignorer ces marques sur la peau ? Laura est naïve, certes, et puis le personnage en tant qu’invention ne se confronte-t-il pas à la toute-puissance de l’auteur, comme à la toute-puissance du lecteur, qui, a accès, outre à la fin de l’œuvre, à tout l’outil péri-paratextuel ?

La question sous-jacente est simple, mais il me semble facile, ou plutôt agréable, ce qui n’a rien à voir, de la décorer de jolies ornements textuels…

A savourer via une lecture purement narratologique ?

Note pour moi-même : prochaine chronique, une bibliographie sur le sujet, pour aller plus loin.

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